Histoire du Domaine



Histoire du village



A l'origine, la seigneurie de Saint-Aubin-le-Cauf (Sanctus Albinus) était un plein fief de Haubert, c'est à dire dont le possesseur était obligé de se faire armer chevalier et tenu de servir le roi. St Aubin faisait alors partie du vaste domaine féodal des ducs de Normandie. Au 11ème siècle (vers 1031), Robert le Magnifique duc de Normandie était seigneur châtelain de pays et possédait toutes les terres situées depuis Dieppe jusqu'à Douvrend, en passant par Arques et toute la forêt de l'Aliermont. Témoin de cette époque, la forteresse du chateau d'Arques construite en l'an mille est une des plus anciennes de France.

Le village était alors peuplé de 200 familles, soit environ 1000 âmes et possédait une tour (au lieu dit de Noville) que St Louis céda à Eudes Rigaud (archevêque de Rouen de 1248 à 1275) en juillet 1262. A la fin du 12ème siècle, Richard Coeur-de-Lion céda le village à l'archevêque de Rouen qui le posséda jusqu'à la Révolution. 




Dès 1568, les protestants tenaient publiquement des assemblées à St Aubin. Ils ouvrirent un prêche en 1571 sur le domaine du seigneur dont le titre de fief leur assurait toute sécurité. Cette région de Normandie fut vaillamment défendue par Henri IV lui même lors de ses guerres contre La ligue pour conquérir son royaume avant d'abjurer.

Histoire de la châtellenie de St Aubin



Saint Aubin le Cauf était la maison de champs de Claude Groulard , marquis de Torcy, premier président du parlement de Normandie et fondateur des hospices de Rouen. Il acheta cette terre à Louis de Montberon et y possédait un manoir où il aimait passer ses vacances. En 1592, Henri IV, vainqueur et blessé de la bataille d'Aumale :
«Bataille d'Aumale: Henri IV contre le duc de Parme [reçoit un coup dans les reins , pénètre le manoir de Claude Groulard par le petit pont en pierre et brique pour y séjourner quelques jours afin de se remettre de sa blessure (seule blessure sérieuse de toute sa vie - Bataille d'Aumale: Henri IV contre le duc de Parme reçoit un coup dans les reins -sce wikipedia»



En signe de reconnaissance (vers 1603), le roi de France érige la seigneurie de St Aubin en châtellenie en faveur de Claude Groulard, avec « droit de fourches patibulaires à quatre piliers », c-a-d le droit de justice et de pendre aux piliers (au gibet).

C'est dans les anciennes écuries voutéees avec croisées d'ogives, soutenues par d'élégants piliers, que furent protégées des révolutionnaires les statues sépulcrales de Claude Groulard et de sa seconde épouse, Barbe Giffart. Ces tombeaux restèrent cachés jusqu'en 1841 où l'historien du Parlement de Normandie, Mr Floquet, les découvrit. Plus tard, Marguerite de Choiseul, épouse en 1ères noces de Louis du Moucel descendant direct de Claude Groulard et dernier seigneur de St Aubin, alors propriétaire du château de St Aubin accorda les statues au département. Elles reposent toutes deux en la chapelle saint-etienne dans la cathédrale de Rouen.



Sur l'emplacement des fondations féodales, les descendants de Claude Groulard, font élever au 18ème siècle un château moderne en brique rose et pierre couvert de toits à la Mansart. Marguerite de Choiseul épouse en 2nde noces le duc de Fitz-James en 1825 et devient duchesse de Fitz-James. Elle réside dès lors dans le château de la Rivière-Bourdet. Elle meurt en 1862 sans héritier direct, le château et les terres de St Aubin sont alors vendus aux enchères à Paris et à Dieppe. Le domaine sera resté propriété de la famille Groulard durant 250 ans.

Par la suite, le château changea de propriétaires à plusieurs reprises. En 1926, Mr Dupuis propriétaire et fermier exploitant des terres, fait inscrire les écuries d'architecture gothique avec croisées d'ogives aux monuments historiques. Les fondations du chateau, le pont témoin du passage d'Henri IV qui enjambe les anciennes douves, le four à pain ainsi que les écuries demeurent les témoins architecturaux des 13ème et 16ème siècles.



Dans les années 30, ce château d'été fut acheté par Grace Wishar, veuve d'un planteur de thé britannique de Ceylan, qui épousa en 1934 Alexandre Alekhine (1892-1946). Le château de St Aubin sera la dernière résidence de cet illustre champion du monde d'échecs franco-russe resté invaincu.

Pendant la guerre, le château sera occupé par un régiment de l'armée allemande qui y fait son quartier général et le transforme en hôpital. De cette époque reste le poste de garde, petite maison en brique construite par l'armée allemande à l'entrée du domaine.

A la mort d'Alekhine en 1946, son épouse, le cède à la famille des actuels propriétaires qui le découvrent vandalisé, vidé de tout meuble et pillé de tout matériau réutilisable. 

Depuis, les propriétaires s'emploient à rénover et faire vivre cet ensemble architectural.